Suie blanche

Requiem

  • 23 octobre 2014

La langue goûte la terre
Papilles investigatrices
Du pourri pourquoi

Visage en balade dans la glaise
Un souffle comme du vent de trop près
Plus humide

Les bras poussant de quelques pas
Le corps parfait, propre
Le souillant de la mort

Sabler les articulations
Modeler les environs
Changer encore un peu le monde

L’arrêt du rêve
Les salives retenues
Et le front en spasmes de refus

Les pierres pétrifiées des prunelles
L’évasion du poids des épaules
Les herbes chevelure
Et l’écho raisonné des ongles

La grande dé-tension
Le repos d’une peau
Abandonner son cœur

Une question qui s’efface
L’assassinat du savoir
De l’amour requiem

Si près du but
Le rébus de la fuite de l’autre
À six pieds du trou

Autant nous y pousser
Pour au moins y dormir
Capitonné

Un embryon dans la terre
Au moins réincarner
De par les vers

Non. Un cadavre innocent
L’imprévue preuve
Ses veines parlent à bout portant

Tout son corps le divulgue
Sans autopsie
Hémorragie terne

Sang gris
Sans cri
Chair grise

Tombé à six pieds de sa tombe

 

 

 

Partagez : Facebooktwittermail
Suivre Loui :Facebooktwitteryoutube