Neige sale

L’Épouvantable

  • 24 juin 2014

Taxidermie sous l’épiderme
Comme épuré du trop plein
Organes et chaleurs
Pantin de paille
L’épouvantable

Toujours debout
Vigile légende
Bourré au garde-à-vous
Devant ses entrailles ruisselantes

Feu soldat sans matricule
Sans constat. Sans cause. Sans statut
S’enkilosant du présent
Dans son manque d’une chose

Rempli à vide
Du peu de vie dont il se fauche

Paille pâleur
Pantin perdant
Aux aguets de la fin de son temps

Déjà
Déjà dire jamais
Jamais plus
J’aimais

Le cœur enfariné au bas des bottes
Pané de poussière
Et battu
Même par les retours de mémoires

Sans contact. Sans cause. Sans stature
Aussi droit et digne qu’un bouffon
Poupée de peine
Gardien de ses chairs
L’épouvantable

Plus laid encore que ses corbeaux
Le corps mat
Martyre triste
En attente d’une seule chose

Tendre l’image de sa main
Et ramasser son nœud vital
Combattre
Faire de son torse un nid
Pour une chaleur

Déjà
Déjà dire jamais
À jamais
J’aimerais

 

 

 

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