Suie blanche

Le sablier

  • 2 juillet 2015

À constamment souffler sur nos souvenirs
La terre s’égratigne. Se griffe. Se grafigne. Se gruge. Se creuse
Nos soupirs ressuscités
Pour éroder le sol jusqu’à six pieds
Le vieux bois pourri se lave des grains de secondes
Une honte. Deux regrets. Trois remords
Sur les tombes de nos morts, d’autres cerceaux de vent
Le rejet des poussières
Revoilà la revanche

Le cadavre sans voix lorsqu’il était vivant
Mais son cercueil grince et la rouille dicte
On a tendu ses nerfs sur un violon
Ses ongles en touches, ses phalanges en chevilles
Et son scalp allongé en archet
L’anthropomorveuse mélodie
S’il y était. Là devant nous. Mis à nu
Sépulture du passé sans voie
Et qui trace nos chemins
Revoilà la revanche

Enterrer les vivants en déterrant les morts
Grandes bourrasques remémorées
La tête se désagrège. Se sable. Se grêle. Se gruge. S’égraine
Pour qu’on se désole jusqu’à six pieds
Je t’aime. Tue-moi. Illness
Bienvenue dans l’urne-sablier
Beau Bonze de demain
La prochaine manche sera
Les tombeaux en revanche

 

 

 

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