Élévations & autres poudreries

La charogne

  • 18 septembre 2015

« Alors, Ô ma beauté!
Dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers
Que j’ai gardé la forme et l’essence divine
De mes amours décomposés! »
-Baudelaire

I

C’est dans la vie d’une carcasse pourrie
Et puis les vers grouillants sous les herbes
Que la nouvelle fleur a jailli
Imitant tous les verts
Et gardant tout le verbe

II

L’âme pelée
La vieille peau
Déposée sous l’oraison de lune
Et à l’ombre farcie par la brume
Revint et naquit le beau

Vamps

Oui, moi aussi
J’ai dû connaître des femmes-vampires
Des dents marqué
Et de mon sang leur élixir
De toutes ces lèvres qu’elles veulent rougir
Lorsqu’elles se dénudent en soirée

 

La relève de la garde

Ô fantôme livide
Délayé dans la neige
Tes laiteuses pupilles
Et tes défunts cheveux
Écoute ma voix défaite
Parmi les vents terribles
Qui sans essoufflement
Viennent rabattre les cieux

Tu as hanté l’hiver et ses déments dorsaux
Des reflets absents de ta figée souffrance
Te voilà relevé
La fin de ta malchance
Poudrerie dispersée dessus les blancs arpents
 

 

Partagez : Facebooktwittermail
Suivre Loui :Facebooktwitteryoutube