Neige sale

La Catastrophe

  • 10 février 2015

Résonnent les clochers vides
Tel un grand coup de semonce
En annonce du raz-de-marée sanglant
Qui inondera la ville

Sur nous la menace, en nos têtes
Pendant que les libertins fêtent
Que la milice se prélasse
Et que les chiens gardent les bêtes

Les toitures transformées en canots
Fixées en patience du naufrage
Certains s’y attachent à la hâte
Les plus sages dans les rues en attente

Des enfants dans les champs, course folle
Crocs-en-jambe des racines et des roches
Les cris éperdus des églises
Amplifiant la vibrance de leurs craintes

Telle une plainte aux confins des abîmes
Monstre au large qui charge les chaumières
Tous en chœur les ténors de l’enfer
Sous un fond mélodieux de clochettes

Téméraires improvistes sur la berge
Cherchant à emmurer le monde
À l’aide de quelques branches et galets
Et le ciel presque vert au lointain

Nul soupir du rivage palissade
Les grelots tintent encore un son faux
Bave blanche sur la tranche
La langue liquide crève ses eaux

Une soupe bouillonnante sur la ville
Assaisonnée du sel des âmes
Les bedeaux accrochés à leurs cloches
Et les toits sous-marins sous les flots

Même les champs sont devenus marécages
Hydro plantation de jeunes pousses
Que dire des téméraires et des sages?
Comme un langoureux baiser de la mer

À la vision du raz-de-marée de ton nom
Sans mur de galets. Sans course éperdue
Ni clochers en alarme. Ni bateau de fortune
Seule l’attente des remous de ta vague…
… sur ma vie

 

 

 

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